Thomas Haley
France, 32 min
Première mondiale

Julian habite dans une petite ville du nord de la Floride. Après avoir écrit un poème, il prend le bus, direction Ground Zero, afin de commémorer aux côtés de ses compatriotes les attentats du 11 septembre. Thomas Haley filme un patriote ordinaire désireux d'ancrer son identité dans un projet national en crise et dresse le portrait nuancé d'un « petit blanc » qui n'a pas renoncé à l'American dream.

Dans la maison familiale, Julian rêve parfois qu'il plante un couteau à beurre dans la gorge de Ben Laden. Chaque année, il promène son visage poupin depuis sa Floride natale jusqu'au mémorial de Ground Zero. Ce rite est devenu sa raison de vivre. Il a même composé une ode épique à la gloire de la nation américaine et de son drapeau, qu'il semble téter comme le sein maternel ou brandir comme une épée : celle qui se dressera bientôt dans le ciel de New York quand on aura reconstruit un orgueilleux building de quarante étages. Thomas Haley, qui a grandi dans l'Oregon, connaît bien cette Amérique profonde, qu'il filme à fleur de peau. Dans ces visages et ces corps souvent saisis en close-up, le cinéaste parvient à transmettre la crise identitaire que traverse l'Amérique actuelle. Alors que le spectacle scénarisé de l'anamnèse collective et multiraciale ouvrant American Dreamer traduit la fin de l'innocence, le personnage de Julian, émouvant et monstrueux, incarne l'un des puissants ressorts du patriotisme ordinaire, la croyance têtue et naïve d'un « petit blanc » qui n'a pas renoncé à l'American dream.

Bande-annonce

Durée
32 min
Année
2013
Pays
France
Section
Compétition Internationale Courts Métrages
Première
Première mondiale
Langue
anglais
Sous-titre
français
Production
Adriana Ferrarese

Compétition Internationale Courts Métrages

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