Dans le cadre de sa collaboration avec l’Istituto Svizzero, Visions du Réel présente pour la sixième année consécutive, une soirée de projections en plein air le 1er juillet dans le jardin de l’institution à Rome. Au programme, deux documentaires issus de la sélection officielle du Festival : Cutting Through Rocks de Mohammadreza Eyni et Sara Khaki et Sanatorium de Gar O’Rourke. En présence de Sergio Fant, membre du comité de sélection de Visions du Réel. Entrée gratuite, sur réservation.
Informations détaillées et réservations
Programme de la soirée:
21:15 – Cutting Through Rocks de Mohammadreza Eyni et Sara Khaki, 2025, 94′
Langues: azari, farsi
Sous-titres: Anglais
Prix du public de la Compétition Grand Angle 2025 remis par la Ville de Nyon
Nommé Meilleur documentaire aux Oscars, membres de l’Académie des Oscars®
23h00 – Sanatorium de Gar O’Rourke, 2025, 90′
Langue: Ukrainien
Sous-titres: Anglais
A représenté l’Irlande aux Oscars dans la compétition internationale
C’est un parcours peu ordinaire qui a conduit Cutting Through Rocks jusqu’au festival Sundance où il a remporté le Grand Prix du jury du documentaire international en début d’année : les co-réalisateurs, Sara Khaki et Mohammadreza Eyni, ont fait la connaissance de Sara Shahverdi alors qu’ils recherchaient des femmes entrepreneures — une rencontre du destin qui a inévitablement séduit le duo. On comprend sans tarder pourquoi : Shahverdi est une force de la nature, un personnage singulier et inspirant dont la détermination inébranlable ne peut que impressionner.
Lorsqu’elle traverse à moto les vastes plaines ouvertes du Nord-Ouest de l’Iran, Shahverdi présente un profil atypique. Mais il apparaît très rapidement que son intérêt dépasse largement cette liberté personnelle, durement acquise. Elle est déterminée à remettre en cause les normes patriarcales profondément ancrées dans sa communauté. En tant que première conseillère municipale élue de son village, elle se heurte sans cesse à la récalcitrance de ses homologues masculins. Cutting Through Rocks révèle sa ténacité sans faille, sa sagacité politique et sa profonde empathie tandis qu’elle trace sa voie en dépit des obstacles.
À maints égards, l’approche réfléchie de Khaki et d’Eyni reflète celle de Shahverdi : une petite étincelle de liberté peut ouvrir des perspectives insoupçonnées jusqu’alors. Et parfois, le simple vrombissement d’un moteur suffit.
James Berclaz-Lewis
En temps de guerre, le sanatorium de Kuyalnik, à Odessa, dans le sud de l’Ukraine, est appelé à soigner bien plus que des douleurs articulaires et des carences nutritionnelles. Le personnel, entre un concierge aux allures de géant, un animateur infatigable et un médecin touche-à-tout, de l’ophtalmologie à la podologie, s’efforce de garder le sourire, même lorsque l’imposant édifice brutaliste s’effrite ou que retentissent les sirènes des raids aériens. Quant aux curistes, également haut·e·s en couleur, ils et elles tentent de savourer quelques jours de répit dans des chambres aux teintes pastel, entre soins prodigués par d’improbables machines soviétiques au charme rétro-futuriste, bains de soleil et brise marine sur les plages de la mer Noire. Mais à l’horizon, les colonnes de fumée rappellent cruellement la proximité du front.
Si cette humanité extraordinaire parvient à sourire — et à nous faire sourire — au cœur de la guerre, on ne peut qu’imaginer la joie qui éclatera lorsqu’elle retrouvera enfin ses bains de boue thermale, ses séances d’aquagym, son karaoké et ses tournois de ping-pong, en temps de paix bien mérité.
Sergio Fant
Doc nights 2024








