Débat | Cinéma & propagande

Le cinéma du réel est-il un facteur de propagande et de guerre ou un facteur de compréhension entre les peuples? Cette question brûlante sera discutée entre Ivo Kummer (Chef de la section du cinéma de l’Office fédéral de la culture), Franziska Reck (directrice de Reck films), Lionel Baier (cinéaste et directeur de la section cinéma de l'ECAL), Giona A. Nazzaro (journaliste et membre du comité de sélection de Visions du Réel), et modéré par Beat Glur (attaché de presse de Visions du Réel).

LA CAMÉRA: UNE ARME OU UN PONT VERS L'AUTRE

Dans le cadre du cinéma du réel, mais aussi plus en général dans le cadre du cinéma, la personne qui est derrière la caméra a un pouvoir, celui de représenter à travers l'image la personne qui en est devant.  Pour une question autant esthétique que éthique celui/celle qui est derrière la caméra doit décider comment filmer celui/celle qui en est devant, en captant  sa transformation de personne en personnage.En cette occasion la caméra peut être utilisée comme une arme ou comme un pont. L'utilisation de la caméra comme une arme signifie l'utiliser contre la personne filmée, pour des raisons d'antagonisme social ou politique, mais aussi l'utiliser sans respect, juste pour obtenir un effet souhaité, contre la volonté de la personne filmée ou encore pour se moquer d'elle. L'utilisation de la caméra comme un pont correspond à l'idée d'une collaboration possible entre le cinéaste et la personne/personnage. Signifie aussi pour le cinéaste se mettre au même niveau de la personne filmée, ne pas juger, mais plutôt se mettre dans une position commune de questionnement et de recherche, avec la conscience de l'universalité de la condition humaine. Le premier choix correspond parfois aussi à la logique de l'exploitation idéologique ou commerciale, le deuxième à une démarche humaniste et solidaire. 

Vendredi 15 avril à 15h30 au Forum

En français et allemand, traduction simultanée en français et allemand. Entrée libre

image: Where to Invade Next de Michael Moore